29 mai 2008
Hauschka plus éthique que Weleda ? Jusqu'où va se loger la cohérence de positionnement !
Il y a quelques semaines je suis entrée dans un petit magasin de produits naturels et bio dans une petite commune tenu par une jeune femme très agréable et sympathique.
Elle avait un rayon de produits Hauschka incroyable ! Je crois qu'elle avait l'intégralité des produits de la gamme à l'exception des cosmétiques. Le tout dans une boutique qui ne doit pas faire plus de 15 m2. Je m'en étonne, plutôt admirative de son courage, car proposer des produits Hauschka qui sont des produits de très bonne qualité mais plutôt haut de gamme exclusivement à une clientèle de petite agglomération (et il me semble qu'elle est la seule à avoir une boutique de produits bio), c'est un sacré parti-pris de non-choix pour ses clients.
On commence à discuter des différents produits que l'on apprécie. Elle me déclare que toutes les façons, à ses yeux, il n'y a que cette marque qui soit dans le "vrai" c'est-à-dire qui est cohérente non seulement dans ses produits et leurs composants mais également dans sa démarche commerciale;
Je lui rétorque que Weleda c'est pas mal non plus ; que ce sont de bons produits et plus abordables.
"OUi peut-être ! mais ils sont vendus en pharmacie et ça pour moi c'est pas possible !" m'assène-t-elle.
Devant mon air probablement étonné et interrogatif, elle se lance dans une argumentation véhémente et passionnée d'où il ressort au final (c'est moi qui fait la synthèse) que Weleda en sortant de ses réseaux classiques de distribution a perdu son âme.
En effet se faire référencer chez les pharmaciens, c'est se compromettre auprès des pollueurs du corps, via les médicaments composés de molécules chimiques par les lobbys pharmaceutiques avides de rentabilité. Donc c'est incompatible avec une marque qui veut apporter à l'homme ce que la nature a de meilleur. CQFD.
Je lui répond que, quand même, on ne peut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, qu'heureusement il y avait de bons médicaments et que les pharmaciens selon leur sensibilité vendaient et orientaient sur l'homéopathie, les huiles essentielles (nouveau business à la mode d'ailleurs !), etc ... Elle n'en démord pas ; tout ça n'est que du business de la part de Weleda.
Vade retro satana !
Weleda chez moi,
pas un pied tu ne mettras !
De ce fait, et je n'avais pas vu les choses sous cet angle, elle pointait du doigt la notion de cohérence ; une forme de cohérence dans le marketing-mix entre le produit et son mode de distribution.
Souvent les supporters du bio critiquent les grandes surfaces qui commercialisent du bio, voire en font une ligne sous leurs marques distributeurs (j'y reviendrai) en argumentant que les logiques économiques sont antinomiques et qu'au-delà du produit, c'est l'esprit de la filière qui est malmenée. Bref le bio ce n'est pas que le produit c'est l'ensemble de la chaîne de valeur.
Dans le cas présent on a le mouvement inverse : une marque historique du bio qui sort du circuit classique de distribution de ce type de produit (magasins indépendants, petites coop, ...) pour toucher via le réseau des pharmacies un public plus large.
Pour conclure sur l'anecdote de ma gentille commerçante, je me suis retenue de lui dire qu'il y avait un corner Hauschka au Printemps à Paris ... Je crois que la pauvre fille aurait perdu sa Foi et ses illusions, si elle avait su (mais peut-être le sait-elle sans en percevoir les implications) que sa marque chérie était vendu au coeur du temple de la consommation, logée au beau milieu des marques de beauté vendant de l'artifice et du mensonge au fond de leurs pots de crème bien loin d'être naturels ... !